Edito : Mauritanie

Suite aux événements en Mauritanie, que j’ai découvert hier sur le blog de larbi, je me suis intéressé de prés ce matin, à la position du Matin du Sahara, ci-dessous.

 

Moi je ne comprends rien, si l’un de vous comprend quelque chose, merci de m’expliquer ……. 

 

 

Editorial, Le Matin du Sahara

 

Préserver la stabilité mauritanienne

 

Publié le : 06.08.2008 | 17h57

   

  

 La stabilité et la sécurité de la Mauritanie… Ce qui pourrait s’apparenter éventuellement, chez d’aucuns, à un mot d’ordre de circonstance, voire à un slogan, est plus que jamais aujourd’hui l’objectif proclamé de hauts officiers qui viennent de changer le cours des choses et le mouvement de l’histoire dans ce pays frère et proche de nos cœurs. 

 

Patriotes attachés à l’unité nationale de leur pays et à sa stabilité, soucieux également de préserver la dignité de leur peuple, ils n’ont eu de cesse de prévenir et d’alerter le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi à la fois sur la dérive d’un pouvoir de plus en plus émollient et au bord d’être miné par le népotisme.

 

Pour avoir mésentendu leurs appels et n’en avoir fait qu’à sa tête, Cheikh Abdallahi paye aujourd’hui le prix de son aveuglement. En accédant au pouvoir en mars 2007 que les militaires avaient rendu possible depuis l’indépendance en 1960, il avait pris de nobles engagements auxquels la communauté internationale, en dépit du fait qu’elle le méconnaissait, avait plus ou moins adhéré, le jugeant au fur et à mesure de ses comportements et de ses actes plutôt prometteurs.

 

Mais, en réalité, ce sont quasiment les mêmes officiers qui l’avaient soutenu de bonne foi qui ont été à la fois victimes de son ingratitude et insurgés à présent contre sa dérive solitaire et népotique. Cheikh Abdallahi n’avait pas fini de subir le grave revers de la démission il y a soixante heures de quelque quarante-huit parlementaires du parti au pouvoir, que déjà les hauts dignitaires militaires le renversent dans un mouvement de protestation nationaliste et patriotique. Il a décidé simplement, croyant régler la crise qui mine le pays, de limoger les hauts dignitaires des forces armées mauritaniennes.

 

S’ils ont relayé les élus du Parlement, c’est parce que leur patience aura été à bout. Ils ne pouvaient continuer à voir leur pays confronter crise institutionnelle supplémentaire, au risque de le voir plonger dans une instabilité que ses adversaires, prompts à s’en réjouir, attendent l’œil rivé sur une discorde nationale possible. L’ancien président, qui avait été élu il y a dix-sept mois dans le cadre d’une normalisation institutionnelle de la Mauritanie, avait suscité beaucoup d’espoirs.

 

Cependant, un goût du pouvoir aidant mais mal contrôlé, il n’a pas résisté à un désir inconscient et enfoui de se débarrasser de ses soutiens militaires auxquels il doit sa consécration et son maintien. Et le fait que sa femme, omniprésente dans la gestion des affaires du pays, n’a pu maîtriser ses ambitions et ses états d’âme, intervenant partout et imposant sa présence dans les affaires de l’Etat a plutôt montré les faiblesses d’un régime de plus en plus fragilisé. Et, partant, il a suscité la colère sourde des dirigeants parlementaires et militaires du pays.

Face à des dérives internes de plus en plus accentuées et une politique extérieure hésitante, voire pusillanime, indécise et à l’occasion enjolivée par une rhétorique à la limite de la démagogie, les dirigeants militaires qui ont par leur retrait de la vie politique contribué à mieux asseoir son pouvoir, ne pouvaient également se résoudre à ce qu’il ménageât ostensiblement et avec complaisance les compagnons fidèles de l’ancien président Ould Taya, renversé pourtant depuis août 2005.

 

Le limogeage de Mohamed Ould Abdelaziz, chef de la garde présidentielle et de plusieurs commandants, et par la suite la démission collective de 48 parlementaires ne pouvaient passer pour de simples péripéties dans un pays placé entre le marteau et l’enclume, menacé par les terroristes d’Al-Qaïda et leurs complices qui ont assassiné, entre autres, quatre Français il y a quelques mois. En mai dernier, croyant remanier son gouvernement par des replâtrages sans consistance, il annonçait répondre ainsi au soulèvement qui a suivi la grave hausse des prix alimentaires et aux menaces terroristes. Il y a quelques jours, il a voulu encore porté le fer dans la plaie en limogeant des dirigeants de l’armée qui, pourtant, est demeurée de bout en bout son allié sûr et indéfectible.

La réaction des hauts dignitaires militaires mauritaniens est d’abord celle du refus de voir leur pays revenir à une instabilité quelconque, politique, institutionnelle, économique et sociale.

 

Ensuite, et c’est peut-être la plus significative, de voir que la gestion de l’Etat et de ses attributs est menacée derechef par l’interventionnisme de la famille du chef de l’Etat, notamment son épouse, dont le comportement frise à vrai dire l’anachronisme, voire la ploutocratie. La Mauritanie sœur demeure notre voisin immédiat et tout ce qui s’y passe ne peut laisser indifférents ni l’Etat marocain, ni le peuple marocain qui attache une grande importance à la stabilité et à la sécurité de ce pays avec lequel notre destin ne s’est jamais autant confondu que dans l’épreuve. Les patriotes mauritaniens qui viennent de prendre en main le destin de leur pays, fidèles à l’éthique du service de l’Etat et de ses institutions démocratiques, soucieux de préserver la stabilité et le bonheur du peuple mauritanien continueront à compter sur le soutien du Maroc, de ses institutions, de son gouvernement et de son peuple frère.

   

  

   

  Par Le matin | LE MATIN

 

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2 Responses to Edito : Mauritanie

  1. TimTim says:

    pourquoi quelqu’un a déjà compris quelque chose en lisant le MAtin du Sahara?

  2. Pingback: Mauritanian military’s coup d’etat : Morocco implicated ? « Spy-Jones’ Column

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