
Le penseur, Auguste Rodin
Lui, Il cria : « Vous, jeunes adultes, vous me faîtes rire avec vos notions de patience, de maturité, de faire les choses étapes par étapes »
Moi : « je te comprend tout à fait du haut de tes 20 as, on ne peut que vouloir croquer la vie à pleines dents, vouloir tout, tout de suite…mais tu comprendras aussi, que les plus belles choses prennent du temps à se construire, qu’il faut passer beaucoup de temps à bâtir des bases solides, tu en jouiras encore plus … »
Lui : « ooh arrête avec ta philosophie à deux balles, TU VERRAS, moi à trente ans, j’aurais trois enfants, ma propre boîte, vu mon dernier cours de finances, je me vois bien lancer une banque d’affaires au Maroc, ça ne sera pas la première mais ça sera la plus internationale, la plus in, la plus rentable du marché africain, AUX MOINS…A trente ans, j’aurais un revenu de pas moins de 100 000 dirhams par mois, il n’en faut pas moins vu les études que j’ai fait et l’investissement que ça a coûté à mes parents, j’aurais ma maison avec piscine et je serais à cet age à la recherche d’une maison secondaire en face de la mer, et vu le rythme que j’aurais, j’emmènerai ma femme un week-end par mois à Venise, à paris, à Londres, à pragues… »
Moi : « Trouve la femme de ta vie d’abord avant de parler famille… »
Lui : « je pense l’avoir déjà trouver, je suis sur que la connais, celle que j’ai rencontré le week-end dernier en boite, elle est canon, un physique californien, un visage italien, et des yeux bleu océan… »
Moi, en souriant : « tu es bien mignon toi mais tu apprendras à apprécier le regard au lieu des yeux, tu apprendras qu’en plus du physique, dont je te rappelle, tout aussi bien le tien que le sien va énormément changer avec les années…plus important, tu paieras attention à ce que vous pouvez partager ensemble.. »
Lui : « attends que je te raconte, bien sur qu’on a partagé des nuits de folies depuis le week-end dernier, on a dansé comme des fous dés le premier soir, on s’est tapé des fous rires, et tiens –toi bien, comme par hasard on portait des vêtements de la même marque et on a les préférences en cocktails… »
Moi, toujours avec le même sourire, décidément, j’éprouve de l’empathie pour ce gamin : « je t’accorde que tout ça est important et ce sont de très bon signes pour la suite, sauf qu’en te parlant de partage, je parlais de notions plus profondes, je parlais de partage de valeurs surtout et plus que tout, je parlais de partage de conversations communes que vous pouvez avoir de vision de la vie et tout cela et avec toute la volonté du monde, si vous ne partagez pas les mêmes valeurs, vous… »
Lui : « arrêtes, c’est bon, j’ai compris, mais nom de dieu t’es devenu trop sérieux depuis que je te connais, lâche-toi un peu, limite tu commences à devenir conformiste, un peu monsieur tout le monde, tu sais bien que c’est que je déteste le plus, être comme tout le monde, ne pas avoir sa propre identité, ne pas s’affirmer selon ses propres valeurs et principes. C’est le travail qui te rend comme ça ? Vouloir se faire accepter par tout le monde ? T’as peur d’être vu comme un rebelle, avoue que tu crains d’être rejeté par la hiérarchie si tu te comportes par selon les mêmes codes sociaux, regarde-moi en face ou regarde-toi en face, le résultat sera le même…tu verras comment je poursuivrais mes rêves jusqu’au bout, tu verras comment jamais je ne rentrerais dans un moule, si cela est une condition de la réussite et le succès, je préfère vivre marginale dans un désert ou une île perdue au milieu de nulle part »
Moi, prenant un ton de vieux sage : « avec cette attitude, tu n’apporteras aucune valeur ajoutée ni à l’humanité, ni à ton environnement, ni à toi-même, je pense que tu as besoin d’apprendre l’humilité, et ça crois-moi que si ce n’est pas toi qui le veut, la vie te l’apprendra. Apprend à écouter les autres, et saches que si ce n’est pas parfait ce n’est pas parce qu’ils ne le veulent pas ou qu’ils ne peuvent pas mais les choses ne seront jamais parfaites, quoi que tu fasses, et s’il te plait, garde cette énergie en toi, tu ne feras qu’améliorer ce dans quoi tu t’es investit, jamais l’humain n’atteindra la perfection dans quoi que ce soit. Pour améliorer, tu as besoin de t’impliquer, de t’adapter, d’écouter, d’apprendre des autres, tu ne feras jamais rien de l’extérieur, avec ton attitude de « c’est comme ça ou rien », mais au-delà, je te demande de faire les choses avec et par conviction, entreprend en t’impliquant au maximum, en donnant le meilleur de toi-même, dans ton travail, tes relations, tes passions, ta vie amoureuse. Attend –toi à en prendre plein la « gueule » en t’impliquant ainsi, limite aveuglement, mais saches que tu apprendras plus vite et surtout plus. »
Lui, plein d’émotions : « tu me rassures, je retrouve dans tes paroles l’homme que j’ai toujours connut. Saches que même si je suis plus jeune que toi, je garde l’œil sur toi, je te suis de très prés pour m’assurer que tu ne t’éloigneras jamais de moi »
Je le regarde dans les yeux, ce regard qui brille ne me manquera jamais assez. Je le pri dans mes bras, le serra très fort et nous marchâmes, je lui murmurais dans les oreilles : « S’il te plaît, ne me quitte jamais, j’aurais toujours besoin de toi pour ne pas m’éloigner de ce que je suis », et en me retournant sur le côté, je pointais mon index « et l’autre, qui joue innocemment dans la récré, même s’il n’a que huit ans, nous avons besoin de lui tous les 2, tâchons de le garder toujours avec nous. »
C’était un parmi les échanges entre le moi de 30 ans et le moi de 20 ans. En espérant que d’autres s’y reconnaîtront.
Cogito en fiction

Les 3 ombres, Auguste Rodin
sublime, une chute innatendue et une belle reflexion des différents ” moi” que l’on trâine le long de notre parcours vitale. très bon moment de lecture
Par Réda le août 3, 2009
à 7:22
Merci Réda, ça pourrait etre une réflexion utile pour Daliq pour la période dans laquelle il passe, on attend la suite, le 20
Par ouchagour le août 3, 2009
à 8:00
Excellent !
Par Samia le août 3, 2009
à 8:34
Oui c’est vrai, c’est vraiment une excellente reflexion avec beaucoup de substance, super effort, je ne sais plus qui disait, l’enfance c’est le capitalisme, on veut tout pour soi, on refuse le partage, et l’âge adulte c’est un peu le socialisme , on accepte de partager, on s’interesse plus à la substance. J’ai relu ce dialogue intérieur et j’y ai découvert beaucoup de subtilités. Joli coup…je me vengerais
Par Réda le août 3, 2009
à 10:46
merci Réda, tu as toujours les mots utiles à rajouter, tu te vengeras au nom de qui
de moi, de moi à 20, de Daliq, de Nabyl…?
Par ouchagour le août 3, 2009
à 10:56
Belle reflexion lhajj
Par Ghita le août 3, 2009
à 11:15
Mesdames et messieurs, je vous présente la lectrice la plus lointaine de ce blog, veuillez acceuillir lhajja venu tout droit d’australie
Par ouchagour le août 3, 2009
à 11:20
j’adhere,j’adore et j’admire…..
chapeau bas
Par nadia le août 4, 2009
à 2:12
Merciiiii
Par ouchagour le août 4, 2009
à 5:10
Simple, sincère, contemporain et quoi d’autre ?
J’ai peur d’oublier l’essentiel, le plaisir du texte, à la lecture comme à l’écriture, de l’introspection mais aussi celui du partage. Merci Nabil de nous avoir offert ce petit voyage entre toi et toi
Par Yasser le août 4, 2009
à 2:50
Merci Yasser, en effet, le but n’est rien d’autre que de partager, meme si il ya beaucoup de fiction bien sur mais le principe du dialogue avec le moi existe bel et bien, je pense chez chacun d’entre nous
Par ouchagour le août 4, 2009
à 5:13
C’est beau Loudi
Par blabla le août 20, 2009
à 6:49
j’aime bcp l’article…mais je suis triste…completement perdu dans ce monde etrange..
Par princess le septembre 27, 2009
à 11:19
joyeux anniversaire nabil
Par princess le septembre 27, 2009
à 11:22
good reflections.. very timely for me
Par Tarik El-Azzouzi le octobre 7, 2009
à 3:13
C’est un vrai plaisir de te lire, et surtout te découvrir à travers lui.
« Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard », disait le poète. L’idéal de maturité n’a pas pris une ride ; il n’est pas pour autant facile d’y parvenir !
Ce brouillage général semble avoir fait une victime : l’adulte lui-même, devenu introuvable. Concurrencée, en amont, par une jeunesse qui commence de plus en plus tôt et finit de plus en plus tard et, en aval, par une nouvelle vieillesse dorée où l’on est âgé sans être vieux.
les âges ne sont plus, comme autrefois, indexés sur des transcendances qui jalonnaient de l’extérieur les existences. L’enfance, la jeunesse, l’âge adulte, la vieillesse : ce sont là des chapitres des récits de vie à construire et à reconstruire jusqu’au bout. Leur signification ne se trouve nulle part ailleurs que dans la texture des vies elles-mêmes.
Merci pour le partage de ta réflexion intime
j’ai beaucoup aimé…
Par zaynab le octobre 29, 2009
à 11:56
Welcome back et merci pour l’analyse pertinente en effet
Par ouchagour le octobre 30, 2009
à 12:11
tout simplement excellent !!
Par zakaria le novembre 9, 2009
à 9:40
Merci Zakaria !
Par ouchagour le novembre 9, 2009
à 10:16
“je te demande de faire les choses avec et par conviction, entreprend en t’impliquant au maximum, en donnant le meilleur de toi-même, dans ton travail, tes relations, tes passions, ta vie amoureuse. Attend –toi à en prendre plein la « gueule » en t’impliquant ainsi, limite aveuglement, mais saches que tu apprendras plus vite et surtout plus.”
VS
“je te demande de faire les choses avec et par conviction, entreprends activement en t’impliquant intelligemment, en donnant le meilleur de toi même et en guettant le meilleur des autres, dans ton travail, tes relations, tes passions, ta vie amoureuse, attends toi à en prendre plein “la gueule”, tu agiras passionnément mais jamais aveuglement. Sache que tu apprendras plus, ça prendra le temps que ça prendra mais ça ne sera jamais plus vite!”
Par Nahid le novembre 13, 2009
à 3:39
Effectivement des nuances pleines de bon sens, Merci Nahid
Par ouchagour le novembre 13, 2009
à 4:04